Si vous avez déjà participé à un atelier d’intelligence collective ou à une session de co-design, vous avez sûrement entendu des termes énigmatiques comme « macro-design », « scan-focus-act » ou « sponsor meeting ». Pas de panique : ce lexique est là pour vous aider à comprendre ces mots-clés du facilitateur, et même à les adopter.
L’intelligence collective, c’est l’art de mobiliser les savoirs et les idées d’un groupe pour résoudre un problème ou construire ensemble une vision, une feuille de route, un plan d’actions. Mais comme tout métier, celui de facilitateur a développé son propre vocabulaire. Un vocabulaire utile pour celles et ceux qui le pratiquent au quotidien, mais qui peut vite sonner comme une langue étrangère quand on découvre ce type d’atelier. On vous décode tout, catégorie par catégorie.
Approche qui mobilise les savoirs et les idées d’un groupe pour résoudre un problème ou élaborer une vision commune, une feuille de route, un plan d’actions, etc.
« Une plénière descendante de 2 heures n’est pas de l’intelligence collective. »
Personne qui conçoit et anime des ateliers collaboratifs, en veillant à créer un cadre propice aux échanges et à la production collective. Il est garant du process, le client est garant du fond.
« Le rôle du facilitateur, c’est d’aider le groupe à avancer sans imposer de solutions. »
Démarche participative impliquant plusieurs parties prenantes dans la conception d’un projet ou d’une formation. On parle aussi de co-construction.
« Chez Alezzi, on privilégie le co-design pour impliquer au maximum les acteurs concernés. »
Temps en amont de l’atelier où l’on met d’accord les différents acteurs d’un projet (sponsors, participants clés, équipe projet) sur les objectifs, les enjeux et la manière de travailler ensemble.
« Avant de lancer le design, on a besoin d’un alignement des parties prenantes sur les objectifs de la session. »
Boucle de travail successive qui permet d’affiner une idée, un livrable ou un dispositif par ajustements progressifs, plutôt qu’en une seule fois.
« On ne va pas viser l’agenda parfait du premier coup, on avance par itérations. »
Méthode issue de l’approche MG Taylor, en trois étapes, pour structurer une réflexion et aboutir à des décisions concrètes :
– SCAN : exploration et inspiration via des benchmarks.
– FOCUS : sélection des enjeux clés et test d’hypothèses.
– ACT : prise de décision et élaboration d’un plan d’action.
« Notre atelier va suivre la logique SCAN-FOCUS-ACT pour aboutir à des actions concrètes. »
Réunion avec les décideurs d’un projet pour aligner les attentes et valider les grandes orientations.
« On décidera des inputs à intégrer dans l’atelier lors de notre prochain sponsor meeting. »
Ensemble de règles et de bonnes pratiques qui guident la conception d’un dispositif collaboratif ou pédagogique.
« L’un des principes de design de cet atelier, c’est le rythme et l’énergie : alterner moments de transmission d’information, d’interaction et de mise en action pour maintenir l’énergie du groupe. »
Conception globale d’un parcours de formation ou d’un séminaire, définissant les grandes étapes.
« Le macro-design est validé, on passe maintenant à la conception détaillée. »
Déclinaison détaillée des contenus et des activités pédagogiques à l’intérieur de chaque module d’un parcours.
« On travaille sur le micro-design pour que chaque module soit fluide et impactant. »
Planning détaillant le déroulé et les objectifs d’une session ou d’un séminaire.
« L’agenda prévoit un mix ateliers en sous-groupe, plénières et réflexions individuelles. »
Formats d’animation utilisés au fil d’un atelier (world café, kiosque, sous-groupes…) pour faire travailler un groupe de manière variée et éviter l’effet « réunion classique ».
« On alterne les modalités pour que personne ne décroche : plénière, sous-groupes, world café. »
Ensemble des règles, explicites ou implicites, qui permettent aux participants de travailler ensemble en confiance : temps, posture, règles du jeu.
« Poser le cadre de travail en ouverture, c’est ce qui permet ensuite une vraie liberté de parole. »
Activité brise-glace en début de session pour détendre l’ambiance et encourager les échanges.
« Démarrons l’atelier par un icebreaker afin de mieux nous connaître ! »
Exercice court pour dynamiser un groupe et relancer l’attention des participants.
« Petit coup de mou ? Un energizer et ça repart ! »
Espace ou table de travail attribué à un sous-groupe pour tout ou partie de l’atelier, où il pose ses idées et revient les retravailler entre deux séquences.
« Chaque sous-groupe retrouve son camp de base entre deux plénières pour continuer à faire mûrir ses idées. »
Modalité d’animation où les participants tournent successivement entre différents sujets. Elle permet de faire descendre de l’information sans passer par une plénière : chaque kiosque est porté par un expert.
« La séquence d’embarquement se fera avec trois kiosques de 20 minutes. »
Méthode d’animation où les participants tournent entre différentes tables thématiques pour explorer différents aspects d’un sujet.
« On organise un World Café pour faire émerger des solutions collectives. »
Logique de transmission d’information du haut vers le bas (typiquement une présentation en plénière), par opposition à une logique participative où le contenu émerge du groupe.
« Cette séquence est volontairement descendante : on transmet un cadrage avant de passer en mode participatif. »
Logique où les idées, solutions ou contenus naissent du travail du groupe lui-même, plutôt que d’être apportés en amont par l’animateur ou le client.
« On veut une feuille de route émergeante, pas une liste d’actions décidée d’avance. »
Échange horizontal entre participants de même niveau ou de même fonction, sans hiérarchie, pour partager expériences et points de vue.
« On prévoit un temps de pair à pair entre managers pour qu’ils échangent librement sur leurs pratiques. »
Échange de groupe structuré et cadré par un facilitateur (temps, tour de parole, règles) pour éviter les dérives d’une discussion libre.
« Plutôt qu’un débat ouvert qui tourne en rond, on passe en discussion facilitée avec un temps imparti par sujet. »
Moment où un sous-groupe partage au reste du groupe le résultat de son travail.
« Chaque camp de base aura 5 minutes de restitution en plénière. »
Modalité où les participants se déplacent pour observer les productions affichées par les autres sous-groupes, souvent accompagnée d’un temps de feedback.
« Après le travail en sous-groupe, on fait une visite des galeries : chacun va voir ce qu’ont produit les autres tables. »
Méthode de conduite du changement qui part de l’exploration des réussites et des forces d’une organisation, plutôt que de ses problèmes, pour construire une vision positive de l’avenir.
« Plutôt que de partir des irritants, on démarre par une enquête appréciative : qu’est-ce qui a le mieux fonctionné jusqu’ici ? »
Modalité où les participants replacent sur une frise chronologique commune les événements clés (positifs ou négatifs) vécus par l’organisation ou l’équipe, pour partager une mémoire collective avant de se projeter vers l’avenir.
« On démarre le séminaire par une fresque des faits marquants des trois dernières années. »
Modalité d’animation qui invite les participants à se projeter et à imaginer un futur possible pour innover et repenser les pratiques.
« Et si on se projetait en 2040 pour anticiper les évolutions du secteur ? C’est du design fiction ! »
Modalité de debrief pour réfléchir à ce que l’on garde, améliore, démarre ou arrête.
« Je propose qu’on debrief avec le format KISS »
Outil visuel permettant de synthétiser les échanges sous forme de dessins et de schémas
« Regardez ce qu’a fait Philine, notre facilitatrice graphique, cela résume bien notre discussion ! »
Outils incontournables du facilitateur pour capter et organiser les idées des participants de manière visuelle et dynamique.
« Attrapez un post-it et un marqueur, et notez vos premières idées ! »
Autre outil incontournable du facilitateur, pour garantir une bonne gestion du temps et atteindre sereinement ses objectifs.
« Regardez le timer, il vous reste 10 minutes avant de repartager au groupe. »
Ce lexique devrait vous aider à naviguer dans notre univers sans vous sentir perdu. La prochaine fois, vous pourrez briller en expliquant à vos collègues ce qu’est un macro-design ou un world café.
Et si vous préparez un séminaire ou un atelier de co-construction et que vous préférez qu’on s’occupe du jargon (et du reste), parlons-en !