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En 2020, c’est l’AFEST !

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Notre poulpe entre en 2020 comme on entre en terrain ami. La grande « réforme de la formation 2020 » nous apporte de bien enthousiasmantes perspectives. Parmi elles, une petite nouvelle : l’Action de Formation En Situation de Travail, dite « l’AFEST ».

La loi du 5 septembre 2018 a en effet modifié les règles du jeu pour les formateurs. Désormais « [L’action de formation] peut également être réalisée en situation de travail ».

Je fais donc j’apprends

En s’appuyant sur une méthode décrite dans le décret d’application et sur une expérimentation concrète menée pendant 2 ans et demi, le Ministère du Travail fixe les principes de l’AFEST : l’apprentissage par l’expérience, le duo salarié apprenant / tuteur formateur, le droit à l’erreur.

L’AFEST s’articule autour de deux séquences distinctes, à répéter autant de fois que nécessaire pour atteindre les apprentissages visés :
« – une mise en situation de travail préparée, organisée et aménagée à des fins didactiques,
– une séquence réflexive, en rupture avec l’activité productive, animée par un tiers. »

Ces séances réflexives accompagnées donnent du recul à l’apprenant sur son propre travail : penser l’acte professionnel, consolider et formaliser les compétences acquises.

Enfin, des évaluations, certifiantes ou non, doivent être intégrées à une AFEST.

Pour qui c’est intéressant ?

Pour les apprenants, voici une manière concrète de casser l’image de la formation ennuyeuse et inutile. Il s’agit de retisser des liens et de la coopération entre collègues et même dans le cadre d’une relation hiérarchique.

Pour les formateurs, la mise en situation directe permet d’obtenir rapidement une vue des besoins de l’apprenant et facilite les échanges. On valorise alors les compétences de chacun.

Pour les référents comme nous, c’est une opportunité de rebattre les cartes de la formation et d’apporter une ingénierie pédagogique dans le champ d’application des pédagogies actives et collaboratives. Ce que nous défendons au quotidien.

Pour les chefs d’entreprise, cela apporte une solution formatrice supplémentaire, de surcroit flexible et opérationnelle. En effet, les modalités spécifiques des métiers peuvent être prises en compte. Cela peut pallier à l’absence de formations spécifiques extérieures.

Attention…

Ne cédez pas toutefois aux sirènes de l’hyper-individualisation de la formation. Aujourd’hui, c’est le collectif qui marche, qui est efficace et demandé. De plus, les évaluations prévues dans le cadre d’une AFEST peuvent apporter une pression qui peut bloquer certains salariés.

Par ailleurs, faut-il pour autant jeter aux oubliettes les formations en salle, à distance géographique et temporelle du travail productif ? Chez Alezzi, nous ne le croyons pas. Ces prises de recul formatives ont encore toute légitimité. Ainsi, un parcours de formation intégrant une AFEST n’exclut pas nécessairement des temps de formations collectives en présentiel et/ou à distance (e-learning). Le tout étant de construire ce parcours selon les objectifs visés.

Comment mettre en place l’AFEST ?

L’AFEST n’apporte pas d’économie de la préparation et de l’organisation. Il est nécessaire de passer par une ingénierie pédagogique précise : objectifs de compétences à définir (en s’appuyant sur une motivation du bénéficiaire), conditions de mise en place et d’évaluation, faisabilité, opportunité, repérage du potentiel formateur d’une situation de travail, définition du parcours formatif (complexité progressive, répétitivité, disponibilité du formateur à sanctuariser).

Alors si en 2020, vous souhaitez que ce soit l’AFEST, faites appel au poulpe !

 

Image par Pashminu Mansukhani de Pixabay